mardi 20 mars 2012

Erwin Wurm

© Erwin Wurm
2007
MUMOK de Vienne, Autriche.
La maladie.
Le déni.
Et puis Erwin Wurm.
Le rire et l'inquiétude.
Le soulagement de faire craquer l'angoisse.
Il n'y avait plus qu'à, lentement, très lentement, se mettre au travail.


Je vous invite à visiter son oeuvre :
http://www.erwinwurm.at/


The House Attack d'Erwin Wurm 
souvenir de Vienne





Morts absurdes I - ITEP - Montigny-le-Roi

Série de photographies réalisée avec des élèves de l'ITEP
et des enseignants du Collège de Montigny-le-Roi.
Clin d'oeil à Erwin Wurm* par le metteur en scène Benjamin Duval, 
artiste associé à ma résidence cette année en Haute-Marne.
(* cf chronique Erwin Wurm  in l'art et la mort)


© CieNOOB-2012

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© CieNOOB-2012

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Merci à
Kévin Huin, Yohann Choulat, Tony Letellier, Thibault Bouat, Victorien Dimey, Anthony Bourgeois, Zachari Boudrissi et leur enseignante Audrey Will
ainsi qu'à Caroline Sarrio et Xavier Faure


Chronique André Chabot - Artiste plasticien & Photographe


©André Chabot

On fait semblant. On attend mieux. On fait comme si il y avait un passage direct. Et on attend. On attend mieux. Un enfant meurt et les parents te disent que c'est ainsi, qu'il sera mieux. C'est scandaleux.
Je dis que le divin n'existe pas. L'homme a peur, ne comprend rien.
Oui, j'ai peur moi aussi. Très très peur. Chabot, cabot parfois, chat botté et le monde en sept lieux. Chabot, professeur Chabowski. Savant fou, poète de l'ici. Petit à petit, j'ai admis que ça m'arriverait. Je ne dis pas que j'en suis ravi. Longtemps, j'ai cru que la mort passerait à côté. J'ai pensé l'immortalité. Je ne peux pas devenir immortel, c'est pas faute d'avoir tenté mais ça n'a pas marché.
Tous les hommes ne sont pas égaux. Les hommes ne sont pas libres. Tu n'es pas libre puisque tu ne sais pas. Non, il n'y a pas de véritable liberté pour l'homme. Il y a la pensée intime et le discours publique. La parole est mensonge. Mensonge et tromperie. La question qui s'impose, c'est de laisser une trace. L'artiste est un gars qui ne veut pas mourir. Autant dire les choses telles qu'elles sont. Je veux laisser des archives, des installations, des bouquins. Autant et au mieux que je pourrais. Je veux que quelqu'un, un jour, aille aux archives et m'y trouve. Je ne suis pas Napoléon ou Hitler ou je ne sais quel troisième couteau, mais j'ai envie qu'un zozo me trouve encore un petit peu quelque part.
S.O.S.
Je cherche la recette de l'immortalité.
Plus t'es salaud, plus t'es connu. Non mais c'est vrai. Je dis ce qui est.
Je suis un âge où ça dégage sévèrement. Quand un copain meurt, la question c'est forcément : qui sera le prochain. Dans les cimetières, c'était tranquille avant. Sur les tombes, sur les plaques, il n'y avait que les dates de mes aînés. Maintenant, c'est plus le cas. Je suis dans une zone dangereuse du temps. Y a des turbulences, crois-moi.
Alors, autre question qui vient, c'est la durée. Il faut ruser. Chaque matin, je me dis : "Mon vieux Chabot, aujourd'hui, tu vas vivre quelque chose." Ruser, c'est vivre. Vivre, c'est faire. Être un tube digestif, tu vois, c'est pas intéressant. Ça m'emmerde la masse imbécile. Je dis ce qui est. Je veux pas être un légume dans une petite voiture. Je veux continuer. Faire le double de livres. J'veux voir des tas d'endroits. Faire le plus, le meilleur. C'est une pression, une urgence.
Et puis j'veux crever le premier. C'est Anne, mon exécuteur testamentaire. Pas de cinéma, pas de film sur l'après ! Après y a plus rien à voir. Le corps devient cadavre. L'Homme est un objet. Anne s'occupera des mes œuvres, de mon travail. Par contre, il me manque l'explication. L'inexpliqué est amené à l'être. L'inexpliqué demeure inexpliqué. Je suis contre le religieux, pas le spirituel. C'est pour ça que je dis que l'artiste ne peut pas être un sous produit. Il doit faire, pas refaire ou pomper ce qui a été fait. Tout est histoire de personnalité. J'ai vécu 39 ans de mensonges dans l'Education. J'ai joué le jeu avec l'administration, les parents. 39 ans d'ennui. Avec, de temps en temps, un peu d'émotion. Je suis un peu brutal, je dis les choses comme elles sont.
C'est l'urgence. Arachnée tisse sa toile. Moi, j'enjambe le langage, la réalité. Je créé. Je suis rempli de choses à faire. De livres à éditer. De cimetière à visiter. La mort est dans mon œuvre depuis toujours. Elle est fragment de rire, pied de nez. Elle est frondeuse. Elle porte les hommes sans nom et le dortoir des anges. Chabot, cabot parfois, chat botté et le monde en sept lieux. Chabot, professeur Chabowski. Inventeur de mémoire, poète de l'ici. Je ne veux pas subir le rétrécissement.




Pour découvrir l'oeuvre d'André Chabot :